La politique extérieure du Québec devant les tangibilités africaines

Par Mourtala Sahla

La politique internationale du Québec, du moins sur le plan opérationnel – entendons par là l’établissement d’une stratégie claire avec les moyens opérationnels pour la mettre en œuvre, – s’est essentiellement dessinée au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Depuis la formalisation de relations diplomatiques avec la France en 1961, le Québec a dû conjuguer patience et stratégie pour se distinguer des autres provinces canadiennes et tirer profit du vide juridique caché dans la constitution de 1867. Dans le contexte de la création du « Canada », le Royaume-Uni aura habilement joué le « funambule diplomatique » en évitant consciemment de préciser et partager les pouvoirs respectifs d’Ottawa et des provinces de la Confédération en matière de relations extérieures. Cela permit entre autres à l’Empire britannique d’exercer de facto ce pouvoir sur plusieurs décennies, à tel point qu’il serait hasardeux d’affirmer que le Canada ait disposé d’une diplomatie effective et indépendante jusqu’au début du 20e siècle.

Lire la suite