Crise financière – pourquoi les gouvernements ne font rien

Par Gabriel Monette-Dubeau

Cet essai, désamorçant les idées reçues sur le fonctionnent des banques, s’impose comme une véritable critique de l’intérieur du milieu financier. Car son auteur, Jean-Michel Naulot, lui-même banquier, a vécu aux premières loges les crise récentes de la spéculation économique. Il en a long à dire sur cette absurdité érigée en système. Les États s’acharnent à vouloir sauver les Banques de la faillite en fouillant allègrement dans les revenus de l’État pour ce faire.

Naulot prend le temps d’expliquer les concepts économiques dont on entend parler tous les jours à la radio et à la télévision. Sur la dette par exemple. Sans pour autant contester le remboursement de la dette publique des pays, il déplore que celle-ci n’aide en rien la population à subvenir à ses besoins et sert principalement les intérêts d’une élite économique complètement dépassée par son propre système, son propre gouffre.

Rarement depuis les années 30 nous avons frôlé de si près un autre krach boursier rapporte l’auteur. Un krach qui rendrait dérisoire les crises successives des dernières décennies. Même si ces dernières se sont avérées prémonitoires et représentaient un bel avertissement pour les années actuelles.

D’une bulle éclatée à l’autre, les gouvernements voudraient s’en remettre à un quelconque fatalisme. (“La dictature des marchés est la vérité d’un instant, en aucun cas une fatalité” rectifie l’ex-banquier.) Ils souhaitent que tout se remette à rouler comme avant et que la spéculation seule nous mène à plus de richesse collective. Pour Naulot, rien n’est plus faux.

La solution? “Neutraliser cette vraie centrale nucléaire financière qu’est la spéculation.” D’autant plus que plus que jamais dans l’histoire, l’interprénétration des marchés bouleverse les croyances : “Un choc en Chine aurait par exemple des conséquences incalculables sur la situation américaine”.

Même si la financiarisation de l’économie semble opérer dans le virtuel, les conséquences sur l’économie réelle (endettement des ménages, faillites, fermetures d’usine) n’en sont pas moins mesurables.

Après avoir passé en revue les constantes des Crises économiques récentes(Crises économiques asiatiques, Crise financière russe, éclatement de la bulle Internet), il n’en appelle à une démocratisation des savoirs en matière économique. Pour ne plus laisser aux seuls décideurs des banques et leurs actionnaires gourmands le “soin” de prendre des décisions aux conséquences souvent irréparables.

Pour contrer l’emprise de l’économie(de marché) sur les rapports de force, il faut réinvestir le politique. “Si nous ne voulons pas devenir les jouets des marchés, la prospérité des peuples ne peut plus, ne doit plus, être mesurée à l’aune du seul comportement des marchés et des résultats des multinationales.”

Crise Financière- Pourquoi les gouvernements ne font rien

Jean-Michel Naulot

Ed.Seuil, 2013

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