La politique extérieure du Québec devant les tangibilités africaines

Par Mourtala Sahla

La politique internationale du Québec, du moins sur le plan opérationnel – entendons par là l’établissement d’une stratégie claire avec les moyens opérationnels pour la mettre en œuvre, – s’est essentiellement dessinée au cours de la seconde moitié du 20e siècle. Depuis la formalisation de relations diplomatiques avec la France en 1961, le Québec a dû conjuguer patience et stratégie pour se distinguer des autres provinces canadiennes et tirer profit du vide juridique caché dans la constitution de 1867. Dans le contexte de la création du « Canada », le Royaume-Uni aura habilement joué le « funambule diplomatique » en évitant consciemment de préciser et partager les pouvoirs respectifs d’Ottawa et des provinces de la Confédération en matière de relations extérieures. Cela permit entre autres à l’Empire britannique d’exercer de facto ce pouvoir sur plusieurs décennies, à tel point qu’il serait hasardeux d’affirmer que le Canada ait disposé d’une diplomatie effective et indépendante jusqu’au début du 20e siècle.

Lire la suite

Larvatus prodeo

Par Louis-François Brodeur

J’avance, prodeo, masqué, larvatus. Il semble que la future charte s’avance masquée, que Bernard Drainville s’avance masqué, que le gouvernement du Parti québécois s’avance masqué. M’inspirant de ce qui semble être, à l’instar de Descartes, la maxime du parti souverainiste, je leur recommanderais d’y aller d’un peu plus de larvatus et un peu moins de prodeo. Mieux encore que la masquer, pourquoi ne pas tout simplement abandonner ce projet!

Lire la suite

Le Québec face à la liberté de religion: le silence de la raison

Par Ludovic Langlois-Thérien

L’été a été marqué par un regain d’intérêt dans le débat public pour les questions concernant la religion et l’espace public. Comme en 2007 à l’époque de la « crise des accommodements » et de la Commission Bouchard-Taylor, ce regain d’intérêt a été caractérisé par une grande émotivité et l’incapacité de traiter des questions de fonds dans le débat public. Ce contexte explosif commande que les questions touchant les accommodements et la liberté de religion soient gérées avec beaucoup de prudence. Malheureusement, les fuites sur la Charte des valeurs du Parti québécois et la réaction incidente du gouvernement laisse présager une approche archaïque, qui exploite l’incompréhension plutôt que de chercher à la résoudre.

Lire la suite

Et pourquoi pas la démocratie participative ?

Par Jean-Bernard Marchand

Nous entretenons certainement une étrange relation avec la participation citoyenne. D’abord, notre culture politique ne nous y habitue pas souvent. La démocratie représentative consacre le rituel électoral comme le moyen de prédilection afin de faire émerger la sagesse populaire.  Ensuite, une certaine élite persiste à voir dans dans la participation citoyenne, ce nouveau canal de partage du pouvoir, une sorte de calomnie dont la résultante nette serait la paralysie de l’État, et pire encore, le chaos social.[1] Mais entre les promesses d’un système politique en crise et l’enflure verbale des tenants du statu quo, qu’en est-il vraiment de la démocratie participative?

Lire la suite

Pour une banque centrale au service des citoyens

Par Laurent-Karim Béland

Difficile d’imaginer sujet plus aride et technique que la politique monétaire. Rares sont les discussions où elle soulève les passions, sauf peut-être chez quelques individus, souvent marginaux, qui donnent dans la théorie du complot ou qui apprécient démesurément les atouts des métaux précieux, tout particulièrement l’or. Pour ainsi dire, aucune formation politique n’aborde cette question, pas plus que la plupart des organismes s’intéressant aux affaires publiques.

La structure même des banques centrales n’est pas étrangère à ce désintéressement. Elles sont hermétiques, ultra-technocratiques et communiquent assez peu en public (ou du moins, de façon très contrôlée). Pourtant, ce sont des institutions qui se doivent d’être au service de la société. Leurs dirigeants sont nommés par le gouvernement et leurs directives sont prescrites par la loi. Ce sont des créatures dont la tâche ultime est le service du public.

Lire la suite

La nécessité de briser ses promesses électorales

Par Benjamin Ferland

Depuis son élection le 4 septembre dernier, le Parti québécois s’est fait vertement critiquer pour avoir délaissé plusieurs promesses mises de l’avant lors de la campagne électorale. Le gouvernement a annoncé que l’annulation complète de la taxe santé et de la hausse des tarifs d’électricité ne serait pas adoptée et que la hausse des redevances exigées de la part des compagnies minières serait reportée. Or les gouvernements doivent-ils vraiment adopter toutes les promesses qu’ils ont proposées en campagne électorale ? Si nous désirons que nos gouvernements représentent le plus possible l’ensemble des électeurs, ironiquement il semble qu’ils n’ont d’autres choix que de briser plusieurs de leurs engagements!

Lire la suite

À quand une Cour suprême vraiment bilingue?

Par Simon Letendre

Sitôt entrée en poste, la nouvelle ministre du Patrimoine canadien et des Langues officielles, la conservatrice Shelly Glover, réitérait la position de son gouvernement voulant que le bilinguisme des juges à la Cour suprême soit souhaitable, mais pas indispensable.

Initialement, la nomination de cette ex-policière avait été bien accueillie à travers la francophonie canadienne. Il faut dire que Mme Glover, qui se décrit elle-même comme un produit des programmes d’immersion française, a toutes les raisons d’être sensible à la réalité des francophones en milieu minoritaire. D’origine métisse, elle représente depuis 2008 la circonscription de Saint-Boniface, qui constitue le principal foyer de population de langue française du Manitoba, et elle a agi à titre de secrétaire parlementaire pour les Langues officielles pendant près de deux ans.

Lire la suite